Aller au contenu principal
Fermer

Starmer défend un rapprochement avec Pékin, "très dangereux" pour Trump
information fournie par AFP 30/01/2026 à 10:32

Le Premier ministre britannique Keir Starmer prononce un discours lors du Forum commercial Royaume-Uni-Chine à la Bank of China à Pékin, le 30 janvier 2026 ( POOL / Carl Court )

Le Premier ministre britannique Keir Starmer prononce un discours lors du Forum commercial Royaume-Uni-Chine à la Bank of China à Pékin, le 30 janvier 2026 ( POOL / Carl Court )

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a défendu vendredi sa visite en Chine comme un moyen de reconstruire une confiance mutuelle et renforcer les relations commerciales avec Pékin, une perspective que Donald Trump a jugé "très dangereuse".

S'exprimant devant la communauté d'affaires chinoise et britannique à la Bank of China, M. Starmer a de nouveau vanté ses entretiens "très chaleureux, très bons" avec le président Xi Jinping la veille, qui ont permis de "faire de vrais progrès".

"C'est comme ça que nous construisons la confiance mutuelle", a-t-il insisté.

Comme la récente visite du Premier ministre canadien Mark Carney, ce rapprochement entre Londres et Pékin hérisse Donald Trump, dans le contexte de rivalité croissante entre les deux premières puissances mondiales.

"C'est très dangereux pour eux de faire ça", a lâché le président américain lors d'un échange avec la presse avant une avant-première à Washington d'un documentaire consacré à son épouse Melania Trump.

"La Chine est prête à renforcer la coopération avec tous les pays, dans un esprit de bénéfice mutuel et de résultats gagnant-gagnant", a répondu lors d'un point presse régulier Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Concrètement, Keir Starmer, qui est arrivé à la mi-journée à Shanghai avant de s'envoler pour le Japon samedi, ne devrait pas repartir de Chine avec une moisson de contrats ou des annonces fracassantes.

Il a obtenu quelques gestes de Pékin, comme une baisse bienvenue des droits de douane sur les exportations de whisky ou un accord de coopération en matière de lutte contre l'immigration, dont la portée reste à démontrer.

- "Bénéfique" -

Downing Street a également indiqué que Pékin allait accorder au Royaume-Uni une exemption de visas pour les Britanniques effectuant des séjours de moins de 30 jours en Chine. Mais le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a affirmé vendredi que la Chine "examine activement" une telle exemption et la "rendra publique en temps voulu, une fois les procédures nécessaires accomplies".

"C'est symbolique de ce que nous faisons avec cette relation", a néanmoins défendu Keir Starmer à la Bank of China.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer (g) est reçu à Pékin par le président chinois Xi Jinping, le 29 janvier 2026 ( POOL / Carl Court )

Le Premier ministre britannique Keir Starmer (g) est reçu à Pékin par le président chinois Xi Jinping, le 29 janvier 2026 ( POOL / Carl Court )

Au total, une dizaine d'accords de coopération - aux contours encore flous - ont été signés, dans la santé ou encore les services.

En parallèle, le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca a annoncé son intention d'investir 15 milliards de dollars d'ici 2030 en Chine, tandis que le fournisseur d'énergie Octopus Energy va créer une co-entreprise avec un partenaire chinois pour opérer sur le marché chinois.

Mais l'essentiel n'était pas là pour le dirigeant britannique, qui a besoin de trouver des moteurs pour soutenir l'économie britannique, pénalisée par les conséquences du Brexit et les tensions commerciales internationales croissantes.

Après des années d'une relation tendue sous ses prédécesseurs conservateurs, sur fonds de durcissement de la politique chinoise à Hong Kong et d'accusations réciproques d'espionnage, Keir Starmer s'évertue depuis son arrivée au pouvoir en 2024 à relancer les relations avec Pékin, troisième partenaire commercial de Londres.

Et cela passait par cette visite en Chine, selon Downing Street qui a également ouvert la voie à une visite de Xi Jinping au Royaume-Uni à l'avenir. Interrogé par des journalistes, son porte-parole n'a pas fermé la porte, affirmant qu'"une réinitialisation des relations avec la Chine (...) est bénéfique pour la population et les entreprises britanniques".

- Le cas Jimmy Lai -

Une telle perspective hérisse l'opposition conservatrice au Royaume-Uni, qui juge déjà le dirigeant travailliste trop conciliant avec Pékin.

La cheffe du Parti conservateur, la principale formation d'opposition britannique, Kemi Badenoch, s'exprime dans le centre de Londres, le 28 janvier 2026 ( AFP / CARLOS JASSO )

La cheffe du Parti conservateur, la principale formation d'opposition britannique, Kemi Badenoch, s'exprime dans le centre de Londres, le 28 janvier 2026 ( AFP / CARLOS JASSO )

"Nous ne devrions pas dérouler le tapis rouge pour un Etat qui mène des opérations d'espionnage quotidiennement dans notre pays, bafoue les règles commerciales internationales et soutient (le président russe Vladimir) Poutine dans sa guerre injustifiée en Ukraine", a fustigé la cheffe du Parti conservateur, Kemi Badenoch.

Des députés ont également écrit à Keir Starmer pour s'inquiéter du peu d'avancées obtenues sur le cas de l'ex-magnat des médias hongkongais et détenteur d'un passeport britannique Jimmy Lai, récemment condamné pour sédition et collusion avec l'étranger, qui risque une lourde peine d'emprisonnement.

Le Premier ministre a affirmé jeudi avoir eu une "discussion respectueuse" avec Xi Jinping sur le cas du militant prodémocratie et la situation de la communauté des Ouïghours.

Valeurs associées

13 496,000 GBX LSE +0,27%

1 commentaire

  • 07:23

    Daddy ferait il n'importe quoi, au point de pousser ses ex alliés à se rapprocher des communistes chinois ? Canada, Gb, Allemagne (voir l'évolution des investissements des firmes allemandes en 2025 par pays ) Incroyable .....


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Sebastien Lecornu à l'Elysée, le 28 janvier 2026. ( AFP / LUDOVIC MARIN )
    information fournie par Boursorama avec Media Services 30.01.2026 10:33 

    Coupes budgétaires, taxe Zucman rejetée par l’Assemblée, déficit maintenu à 5% du PIB, le projet de loi de finances 2026, qui devrait être adopté sous 49.3 ce vendredi, aura fait l’objet de mois de discussions tendues au Parlement. Le déficit maintenu à 5% du PIB ... Lire la suite

  • ( AFP / I-HWA CHENG )
    information fournie par Boursorama avec AFP 30.01.2026 10:27 

    L'économie taïwanaise a connu en 2025 sa plus forte croissance en 15 ans, portée par une demande mondiale en forte hausse pour les technologies liées à l'intelligence artificielle exportées par l'île, selon les données gouvernementales publiées vendredi. Le produit ... Lire la suite

  • ( AFP / OMAR HAJ KADOUR )
    information fournie par Boursorama avec AFP 30.01.2026 10:24 

    "Le moteur du continent": avec une croissance économique enregistrée à +2,8% du PIB en 2025, l'Espagne a poursuivi l'an passé sur la dynamique enclenchée depuis la reprise post-Covid, soutenue principalement par le secteur touristique et la demande des ménages, ... Lire la suite

  • Le premier ministre Sébastien Lecornu au Palais de l'Elysée, le 28 janvier 2026 ( AFP / Ludovic MARIN )
    information fournie par AFP 30.01.2026 10:19 

    La ligne d'arrivée du marathon budgétaire est proche: le Premier ministre Sébastien Lecornu a activé vendredi matin pour la troisième fois l'article 49 alinéa 3 de la Constitution à l'Assemblée nationale, ultime étape avant l'adoption définitive du budget de l'Etat, ... Lire la suite

Mes listes

Cette liste ne contient aucune valeur.
Chargement...